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IAM, sécheresse, Coronavirus… La Bourse de Casablanca sous pression

IAM, sécheresse, Coronavirus… La Bourse de Casablanca sous pression
M.M.
Le 3 mars 2020 à 14h28 | Modifié 3 mars 2020 à 14h28

Après un bon début d’année, le marché a effacé tous ses gains et risque de descendre en zone rouge dès cette séance. Une tendance qui s’explique par une conjonction d'événements qui pèsent lourd sur la psychologie des investisseurs.

La Bourse de Casablanca a ouvert ce mardi 3 mars sur une nouvelle baisse. C’est la cinquième séance consécutive de baisse, signe d’une tendance lourde qui pèse sur le marché depuis quelques semaines.

Le Masi, indice de toutes les valeurs cotées a ainsi effacé tous ses gains, avec une variation YTD proche de zéro (+0,14% à la clôture de la séance du 2 mars). Et qui devrait descendre en zone négative dès cette séance.

Le marché avait pourtant bien démarré l’année avec une phase d’euphorie qui a duré jusqu’au 22 janvier. Le Masi avait alors gagné 4,3%.

L’effet Maroc Telecom

Mais cet élan a été vite freiné par la nouvelle de la sanction de Maroc Télécom. Une news qui a déclenché une véritable descente aux enfers, faisant porter au MASI des pertes de 4,7% en seulement 10 séances (du 22 janvier au 12 février). Une baisse plutôt logique quand on connait le poids de la valeur dans la capitalisation boursière.

Le marché a malgré tout pu respirer après l’annonce des résultats 2019 de l’opérateur, et surtout le maintien du même pay-out que celui de l’année dernière : malgré la ponction de 3,5 milliards de dirhams sur ses résultats annuels, IAM a décidé en effet de de distribuer un dividende proche de celui de l’année dernière, faisant épargner à ses actionnaires les effets de cette lourde sanction infligée par l’ANRT.

« La sanction contre Maroc Telecom a freiné l’élan du marché. Mais son effet a été absorbé. C’était un one shot, puisque la sanction a été entièrement provisionnée sur l’exercice 2019, et elle ne remet pas non plus en cause les fondamentaux et les perspectives de l’opérateur, qui restent solides », explique Bachir Tazi, directeur de CFG Bank Capital Markets.

Cette décision de ne pas sacrifier la légendaire générosité envers les actionnaires, appuyée par l'annonce du retrait de la plainte de Wana au tribunal de commerce, a poussé l’indice à remonter la pente. Le résultat fut impressionnant : en seulement une semaine (du 13au 21 février), le MASI regagne 3,9%. La confiance revient, le marché ressuscite, mais la remontée ne dure que quelques jours…

La sécheresse plombe le moral du marché

Depuis la séance du 22 février, le Masi a entamé une nouvelle phase de baisse, que rien ne semble arrêter.

Pour Bachir Tazi, ceci n’est pas en lien avec le flux des résultats annuels des sociétés cotées, qui collent aux prévisions et au consensus du marché. « Les résultats annoncés jusque-là sont en ligne avec ce qu’on attendait. Il n’y a pas eu de mauvaises surprises pour l’instant », affirme-t-il.

La rasions de cette inversion de tendance sont donc à chercher ailleurs. D’abord dans ce qui est encore considéré comme le moteur de l’économie marocaine : l’agriculture. « L’absence des pluies montre qu’on se dirige vers une année de sécheresse. Cela fait très longtemps qu’on n'a pas vécu çaa en cette période de l’année », explique notre expert.

Et qui dit sécheresse, dit revue à la baisse des prévisions de croissance. « La prévision de croissance était déjà limitée pour 2020. Avec cette sécheresse annoncée, la croissance risque d’être encore plus maigre », affirme-t-il.

Au delà de son impact réel sur le PIB, la sécheresse joue aussi sur la psychologie des consommateurs, des entrepreneurs, des investisseurs…Et pèse, de facto, assez lourd sur le marché.

Casablanca rattrapée par le Coronavirus

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la crise du coronavirus que beaucoup d’analystes croyaient passagère, avec des effets limités sur le Maroc commence de plus en plus à inquiéter.

« On pensait en effet que cette crise allait avoir des effets limités car nous avons une Bourse faites par les locaux, avec peu de possibilités d’arbitrage à l’international. Les investisseurs sont un peu obligés d’investir sur le marché local, qui reste également très peu corrélé à ce qui passe sur les marchés mondiaux », explique Bachir Tazi.

« Mais on ne peut pas nier qu’il y a aujourd’hui un effet psychologique, qui peut également se justifier par des craintes sur l’économie au cas où cette crise dure dans le temps. Ce scénario peut en effet affecter des secteurs comme le tourisme, la logistique, peser sur les échanges extérieurs, les transferts des MRE, ainsi que sur la demande extérieure adressée au Maroc, notamment de la part de nos partenaires européens », poursuit-il.

Deux titres sont exposés directement aux effets de cette crise sanitaire : Marsa Maroc et Risma. Si la crise s’aggrave, et dure dans le temps, cela risque d’exposer toutes les autres valeurs du marché, du fait du ralentissement de la consommation, de la production, des échanges extérieurs, de la croissance…

« Sur le court terme, l’impact reste psychologique. Mais si le Coronavirus n’est pas rapidement enrayé, comme ce fut le cas pour le H1N1, cela peut générer un ralentissement économique », explique Bachir Tazi.

« Après, on reste confiant sur le moyen et long terme. On est sur un marché où la masse bénéficiaire va encore progresser en 2020 », tempère notre analyste.

Selon ses prévisions, les bénéfices 2019 de la cote devront progresser de 4% et ceux de 2020 de 5%. Des prévisions ajustées de l’impact exceptionnel de la sanction contre Maroc Telecom et qui ne prennent pas en compte, précise-t-il, les éventuels effets de la crise du Coronavirus sur l’activité de des firmes cotées.

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M.M.
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