Bank Al Maghrib s'attend à une reprise du crédit en 2016
La croissance des crédits devrait se situer aux alentours de 2,5% en 2016 et de 4% en 2017, selon les prévisions dévoilées, le 22 mars, par le wali de Bank Al Maghrib.
D'emblée, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, se veut rassurant: «La réduction du taux directeur n’est pas due à une pression inflationniste, mais plutôt à une volonté de soutenir l’activité économique». Une activité marquée par une atonie du crédit, dont la croissance s'est limitée à 0,3% en 2015.
L’inflation s’est située à 0,3% en janvier et à 0,8% en février 2016, constituant une moyenne de 0,5% pour les deux premiers mois de l’année. "Il n’y pas de risque d’inflation importée, suite aux révisions à la baisse des prévisions d’inflation exercées par la BCE et par la FED", tient à préciser M. Jouahri.
D'autre part, Bank Al Maghrib a révisé sa prévision de croissance pour l’année 2016 à la baisse, la situant à 1% seulement. Elle est liée principalement à la révision à la baisse des prévisions de production céréalière, qui passent de 70 millions à 38 millions de quintaux: «Nos prévisions utilisent des modèles se basant sur des données comme les degrés de végétation, la comparaison avec les campagnes agricoles précédentes et l’observation par satellite», note M. Jouahri.
Une (légère) reprise est prévue
Selon les chiffres de la Banque centrale, le déficit du compte courant s’est établi à 2,3% du PIB en 2015, principalement grâce à un recul de 18,6% du solde déficitaire de la balance commerciale et un fléchissement de 28,1% de la facture énergétique.
Le déficit du compte courant devrait s’atténuer davantage, pour se situer à 0,1% du PIB en 2016 et à 0,3% du PIB en 2017. Ces prévisions sont faites selon les deux hypothèses suivantes:
-un cours moyen du pétrole de 38,4 dollars le baril en 2016 et de 44,6 dollars en 2017,
-un volume de dons du Conseil de coopération du Golfe de 13 MMDH en 2016 et 8 MMDH en 2017.
Ces améliorations, conjuguées à la poursuite d’importants afflux d’investissements directs étrangers, permettraient de renforcer davantage les réserves de change. Après 6 mois et 24 jours en 2015, elles devraient assurer la couverture de 7 mois et 21 jours d’importations de biens et services à fin 2016, et 8 mois et 15 jours à fin 2017, selon BAM.
Une situation fort avantageuse, puisqu’elle influencera la position des liquidités bancaires qui deviendra excédentaire et réduira le recours des banques aux avances de la Banque centrale. «En 2015, nous avons déjà significativement baissé nos injections sur le marché monétaire. La situation excédentaire des banques fera en sorte que celles-ci n’auront plus recours aux injections de BAM», souligne M. Jouahri.
Par ailleurs, tenant compte des anticipations du secteur bancaire, la croissance des crédits devrait se situer aux alentours de 2,5% en 2016 et de 4% en 2017.
Sur le plan des finances publiques, les donnés du mois de janvier 2016 font ressortir un excédent budgétaire. L’alourdissement des dépenses globales a été compensé par une légère augmentation des recettes ordinaires et une nette amélioration du solde positif des comptes spéciaux du Trésor.
En termes de perspectives, le processus d’ajustement budgétaire, conforté par les niveaux bas des prix du pétrole et les recettes prévues en dons des partenaires du Conseil de coopération du Golfe, devrait se poursuivre à moyen terme, malgré le faible rythme des activités non agricoles. Le déficit budgétaire devrait ainsi avoisiner 3,7% du PIB en 2016 et 3,1% du PIB en 2017.