Fitch Ratings: perspective stable pour les grandes banques marocaines
Les banques marocaines sont outillées pour faire face au ralentissement économique, selon Fitch Ratings, qui les a dotées d’une perspective stable.
Selon un communiqué de Fitch Ratings, cette perspective combine "une rentabilité résiliente des banques marocaines avec des ratios de solvabilité modestes, compte tenu d’une possibilité de risque substantiel sur les marchés africains volatils, et d’une modeste qualité des actifs".
Fitch Ratings note également que la modeste croissance annuelle du crédit, s’établissant à 1,2% au 30 juin 2015, a permis à la majorité des banques marocaines d’éviter le risque élevé et les stratégies agressives d’expansion communes aux banques des marchés émergents.
Par ailleurs, Fitch Ratings met en évidence les risques de concentration dans le secteur bancaire marocain. En effet, l’exposition aux entreprises dépasse le seuil de capital réglementaire de 10% chez la majorité des banques marocaines. Qui plus est, 20% des plus grandes expositions représentent souvent 100% à 200% des fonds propres des banques, selon les critères de Fitch.
L’agence de notation note que l’exposition à l’Etat marocain est également élevée, mais que les crédits pour les ménages et les PME affichent le risque le plus élevé.
En outre, Fitch met en garde contre la faiblesse des ratios de qualité d’actifs, et estime à 10% le pourcentage des créances dépréciées sur le total des prêts alloués, un pourcentage qui demeure considérablement plus élevé que la moyenne de 5% rapportée par les systèmes bancaires émergents, pris en considération dans la couverture de Fitch Ratings.
S'agissant de la conjoncture économique, Fitch Ratings prévoit une croissance du PIB de 2,9% en 2016, une croissance inférieure à l’estimation robuste de 4,6% en 2015, qui a été retenue principalement grâce à une production agricole exceptionnellement forte. A cet effet, Fitch prévoit le décollage de la production non-agricole en 2016, ainsi que la demande des crédits intérieurs auprès de quelques segments qui affichent une solide croissance.
Enfin, Fitch Ratings note que la hausse des exportations dans le secteur automobile, la hausse de la production manufacturière, la progression des secteurs de l’énergie et la croissance du commerce de détail permettront de contrer les difficultés rencontrées par le tourisme et l’immobilier, et par conséquent de stimuler la demande de crédit.