L’équation Cosumar dans la suppression de la subvention du sucre
Unique producteur du sucre au Maroc, Cosumar sera-t-il touché par la disparition de la subvention du sucre?
En tout cas, la société s’attend à être associée (ou consultée) au plan mis en place par le gouvernement.
Cosumar, le producteur unique de sucre raffiné au Maroc, s’attend à une consultation de la part du gouvernement au sujet de la suppression de la subvention du sucre. L'ex-filiale de la SNI (Société nationale d’investissement) ne le dit pas ouvertement. Mais des sources sûres auprès du raffineur l’affirment.
Pour l’heure, aucun contact entre le gouvernement et la société n’a été encore établi. La décision de la suppression est actée et les économies envisagées suite à la cette disparition de la subvention sont déjà allouées à des budgets sociaux.
Le scénario de la suppression de la subvention préconise une démarche progressive à raison d’une dizaine de centimes par mois. Cette progressivité touchera les prix à la consommation et doit s’appliquer à la subvention qui vise le bout de la chaîne.
Explication. La subvention du sucre touche deux tranches du secteur sucrier. L’Etat verse une subvention pour les importations et une autre pour la consommation. Le budget le plus lourd est celui alloué à la consommation et c’est lui qui est visé par la décision de suppression.
Il représente, selon les données prévisionnelles du projet de loi de Finances, près de 3,5 milliards de DH. En revanche, la subvention dédiée aux importations dépend du cours du sucre sur le marché international. La production nationale ne couvrant que 41% des besoins locaux, les 59% restants sont importés.
Suite à la valorisation des prix du sucre au Maroc, tenant compte des coûts de production chez les producteurs et des marges d’exploitation, du raffinage et de transport, un prix cible avait été défini par l’Etat en concert avec les acteurs du secteur. Ce prix se situe à 5.051 DH/T pour le sucre brut, 5.700 DH/T pour le granulé et 6500 DH/T pour le sucre en lingot ou en morceau. Plus les prix à l’international s’approchent de ce prix cible, moins le sucre sera subventionné.
S'agissant d'une filière entièrement réglementée, le prix d’achat des plantes sucrières est fixé par un accord supervisé par L'Etat, signé entre COSUMAR et l’Union des Associations des producteurs des plantes sucrières du Maroc (UNAPPSM). Pour le prix du sucre appliqué au consommateur, celui-ci est également réglementé et subventionné.
Tout est ainsi règlementé d’amont en aval et la suppression de la subvention du sucre n’entraîne pas automatiquement la libéralisation des prix. En tous cas, sur ce point, il n’y a aucune décision ou volonté déclarée du gouvernement.
La crainte de Cosumar est de voir la consommation du sucre dégringoler suite à l’ajustement des prix induit par la disparation de la subvention. Surtout que la société a des engagements avec l’Etat qui lui coûtent de l’argent.
A titre indicatif, pour le matériel agricole, Cosumar préfinance un investissement annuel de 30 MDH consacré au développement de la mécanisation et de 400 MDH par campagne pour les achats d’intrants.
Des chiffres qui gonfleront davantage puisque Cosumar s’est engagée, à l’horizon 2020, à augmenter le taux de couverture des besoins en sucre provenant de l’extraction de la canne et de la betterave à 56%.
Pour cela, la société prévoit d’augmenter les superficies récoltées en betterave à 66.500 ha (pour un rendement de 11T/Ha) et à 22.200 ha pour la canne (avec un rendement en sucre de 9.5 T/Ha).
Un engagement qui, selon nos sources, positionne Cosumar comme un interlocuteur à associer avant l’application de la mise en application du plan de démantèlement de la subvention. A moins que le gouvernement estime que Cosumar rentre dans ses frais quelle que soit la configuration adoptée…